La crise du logement n’en finit pas de s’amplifier dans notre pays.
Alors que la crise économique et sociale met en difficulté financière de plus en plus de familles, le coût du logement reste bien trop élevé. Près de 2 millions de ménages sont en attente d’un logement social, la part du revenu consacrée au logement ne cesse d’augmenter, les conditions de confort se dégradent. Face à cette situation, la Confédération Nationale du Logement, réunie les 5, 6 et 7 mai pour son 51ème congrès à Villejuif, interpelle les pouvoirs publics pour qu’ils s’engagent enfin, pour la construction massive de logements sociaux.
Trop de signes traduisent une méfiance quant au logement HLM : refus de l’Etat de s’engager massivement dans les aides à la pierre, limitation de la construction de logements HLM au prétexte de la mixité sociale (NPNRU, politique régionale en Ile-de- France, etc.), restriction de l’accès au logement social à travers le projet de loi Egalité et Citoyenneté.
Pour s’attaquer à la crise du logement sans oeillères idéologiques, il faut revaloriser le montant des aides à la pierre, au moins à hauteur de ce qui fut la promesse du candidat Hollande : un milliard d’euros. La CNL tient à rappeler que, dans la réalité, l’engagement de l’Etat s’établit quatre fois en dessous de ce niveau. Ce sont dans les faits, les locataires du parc social eux-mêmes qui financent principalement la construction de nouveaux logements. De plus, les niches fiscales accordées aux bailleurs privés, qui font majoritairement partie des classes les plus favorisées de la société française, s’élèvent à 1,8 milliard d’euros. Enfin, il faut sortir de la logique de stigmatisation du logement social.
C’est pourquoi la CNL demande l’arrêt de cette politique de restriction d’accès au logement HLM, qui fait en vérité le jeu de la spéculation, et le relèvement des plafonds de revenus qui conditionnent l’accès aux HLM. La crise du logement ne tombe pas du ciel, elle est le résultat de choix politiques. Pour en sortir, il faut d’urgence les inverser radicalement. Pour certains hommes, femmes et enfants, la crise du logement prend un tour particulièrement dramatique. Ces personnes qui, suite à une expulsion, pratique barbare toujours en vigueur en France, se retrouvent à la rue, sont de plus en plus nombreuses.
La CNL a lancé un appel, à l’occasion de la fin de la trêve hivernale pour une sécurité sociale du logement. Il s’agit, de reproduire le mécanisme solidaire de la sécurité sociale dans le logement, afin d’en finir avec le drame des expulsions. Cet appel a été rejoint par une vingtaine de personnalités politiques, associatives et du monde du spectacle ainsi que par des centaines de citoyens anonymes. Aux décideurs maintenant de s’en saisir. Les discussions, les débats du congrès, ont révélé que la démocratie était l’horizon indépassable de l’action de la CNL. Elle considère que les habitants doivent être au coeur des décisions qui les concernent. Les associations sont des acteurs clés de cette démocratie participative. Cependant, assumer un engagement associatif bénévole n’est pas une évidence pour tout le monde. Les jeunes parents, les salariés précaires, sont souvent dans l’incapacité d’exercer des responsabilités pour le compte de leurs voisins, par manque de temps, d’énergie, de formation. C’est pourquoi la CNL demande aux pouvoirs publics, locaux et nationaux, la mise en place d’un véritable statut de l’élu associatif. Ce statut comprendrait un statut protégé pour les salariés qui exercent un mandat associatif, la possibilité de prendre des congés rémunérés pour assumer cette responsabilité, des droits à la formation et à l’expertise ou encore le remboursement de la garde d’enfants. La démocratie mérite qu’on lui donne des moyens.
Confédération Nationale du Logement Association nationale agréée de consommateurs 8, rue Mériel - BP 119 - 93104 MONTREUIL CEDEX Tél. 01 48 57 04 64 - Fax. 01 48 57 28 16 E-mail : cnl@lacnl.com – www.lacnl.com
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